Le dimanche 15 août les fidèles de la paroisse de Néfiach ont été secondés par le Temps du Costume Roussillonnais et le chœur de chant de Pézilla-la-Rivière afin de redonner vie à la procession en l’honneur de la Vierge Marie, jour de la festa major du village.
Auteur/autrice : Laurent (Page 14 of 32)
La Catalane se dirige vers la fontaine qui, à une faible distance du bourg, jaillit des rochers dans un bassin moussu.
En chacune de ses mains elle tient une cruche d’argile rouge aux flancs d’amphore dont le pourtour de l’anse, les goulots vernissés luisent ainsi que des miroirs et reflètent les tons du ciel.
La catalane est jeune, fraîche comme la tramontane, noble dans son allure, involontairement, naturellement. Sous son costume se devinent les lignes sculpturales de son corps. Sa marche légèrement cadencée rappelle la canéphore antique.
Elle est belle dans la simplicité de son corsage évasé sur un cou fort et halé. Les pointes de ses seins semblent vouloir crever l’étoffe trop ajustée qui dessine les formes de son buste, en révèle les contours exacts et harmonieux.
Sous sa robe à rayures recouverte d’un tablier de percale noire semée de minuscules pâquerettes son ventre bombe imperceptiblement. Elle a les lèvres rouges, juteuses, tentantes à l’égal d’un fruit mur durant l’été, des pommettes un peu saillantes, la face un peu large signe caractéristique de la race, le nez délicat, les narines fines, mobiles, la teinte de ses prunelles est comparable à celle des grenaches banyulencs, des malvoisies que produisent les territoires de Cases de Pène et d’Estagel.
Sur son front frisent les cheveux châtains en festons soigneusement ajustés et qui accompagnent si bien l’escoffion de dentelle, le bonnet coquet prêt, dirait-on, à s’envoler au moindre souffle.
Ah ! Comme ses pieds chaussés d’espadrilles aux dessins multicolores et vifs, dont les tresses bleues s’entortillent autour des chevilles, martèlent vigoureusement le sol ! Elle rit, sans savoir pourquoi, peut-être, d’un rire roucoulant, qui a quelque chose du glouglou d’un ruisselet, d’un rire chantant, sensuel.
Elle rit parce que la vie monte en elle, puissamment, parce que se dents sont nacrées et superbes.
Elle rit au zéphyr rôdeur, à l’insecte bourdonnant contre sa joue nuancée de même qu’une pêche d’Ille ; en songeant aussi à l’amoureux qui l’attendra, après le crépuscule, au tournant de la route que bordent les oliviers au feuillage argenté par la lune.
Balancée sur ses jambes solides, elle dévale par le chemin rocailleux, où les schistes roulent sous ses semelles de corde de sa chaussure, et à l’extrémité duquel sourd, abritée par un platane, l’onde qui désaltère les villageois.
Toujours des groupes de femmes s’attardent là à bavarder et tandis que la cruche déborde, faisant entendre un doux murmure, on y cause de l’un, de l’autre, on y médit, on y conte des histoires gaillardes. Les cigales susurrent dans les branchages contournés des proches amandiers, une haleine ardente s’exhale de la terre, et les blés immobiles sont d’or, au sommet de la colline, contre l’azur profond.
Qu’importe à la Catalane le soleil brûlant !
Elle s’entrouvre le haut du corsage, livre sa gorge à l’air. D’un geste brusque elle ramène ses jupes entre ses jambes, les y enserre, emplit d’eau le creux de sa main droite, la porte à sa bouche.
Elle boit, la tête renversée en arrière, tendant sa poitrine, son cou qui se gonfle, et des gouttelettes irisées glissent le long de son menton, mouillent son visage, tremblent au bout de ses cils recourbés. Puis ranimés par cette affusion, elle reprend la sente menant au seuil familial.
Une voisine penchée à la fenêtre la hèle, un garçon en la croisant lui lance une gaudriole, lui décoche une œillade polissonne. Elle rougit et son rire raisonne, ce rire voluptueux, perlé, glougloutant qui donne envie d’aimer.
Oh ! Catalane, fille de mon pays, que tu es attirante, lorsque tu passes, allègre et capricieuse, pareille aux chèvres de nos montagnes, allant ou revenant d’étancher ta soif à la source coulant du tertre herbeux sous la nappe immense d’outre-mer qu’est le firmament de notre petite patrie.
Fille de mon pays, demeure ce que tu es, quoi qu’on te conseille. Méprise les falbalas et les colifichets des villes, les hideux chapeaux citadins. Garde le charme de tes atours rustiques.
Sois demain ainsi qu’hier, l’incarnation des campagnes natales. Tu en symbolise l’âme, vision délicieuse qui ne s’efface plus de la mémoire et dont le souvenir met au cœur-un regret.
Comte Paul d’Abbes
Comme chaque année, la fête de l’église Saint jacques et de son saint patron s’est déroulée le 25 juillet 2021 en présence du Temps du Costume Roussillonnais.




Trois femmes de Perpignan en coiffe catalane, époque Napoléon III. La passe de la coiffe tombe bas sur les oreilles pour la plus âgée qui est assise, le bonnet de coiffe monte haut.
Les deux autres plus jeunes et qui sont debout portent de nombreux jupons afin de répondre à la mode des crinolines. Toutes ont un tablier (remarquer les plis à la ceinture de celle de droite) et un châle bien plissé recouvrant le fichu, épinglé ou fixé par le tablier.
Cliché J.B. JACOB, rue des écoles vieilles à Perpignan.
Source : ebay.
Le TCR continue d’alimenter sa chaîne Youtube avec le tournage ce lundi 19 juillet d’un clip dans les rues du Vieux Perpignan. Il s’agit cette fois-ci d’évoquer le souvenir de Françoise de Fossa, sœur bien aimée du compositeur et guitariste François de Fossa.
Un bel hommage en perspective pour celle qui a permis de conserver jusqu’à nous la correspondante abondante que lui envoya son frère durant ses séjours en Espagne, au Mexique et enfin en France.


Quelques images et une animation en attendant la fin du montage du clip.


C’est dans le hall du Grand Théâtre d’Albi qu’a eu lieu ce dimanche 13 juin 2021 le premier salon du costume historique.
Les séries historiques ont le vent en poupe et avec elles les costumes comme les robes longues, les caracos tout en dentelles et fines broderies, les crinolines et autres vestons, sans oublier les nombreux accessoires.
Cette première édition organisée de main de maître a réuni près d’une centaine d’exposants, ainsi qu’une trentaine de stands de costumiers, créateurs, associations de passionnés de reconstitution, mais aussi organisateurs d’événements costumés. Les associations toulousaines « Historia Tempori » et « Jupons et Plastrons » ont montré le XVIIIe s. pour les uns, l’évolution des modes entre le 19e et le 20e siècle pour les suivants. L’occasion pour les visiteurs de découvrir aussi des ateliers, des animations, et les associations de reconstitution.
Durant cette journée, le Temps du Costume Roussillonnais a tenu un stand de présentation et a désiré représenter le XVIIIe siècle roussillonnais avec des tenues de la bourgeoisie catalane, « menestrales » et bourgeois honorés.



L’iconographie locale de la Catalogne nord montre quelques exemples d’un élément qui semble caractériser la mise des femmes de la bourgeoisie. Il s’agit de l’usage d’un corset rigide arrondi devant et derrière entre les bretelles. Des manches s’ajustent de manière à laisser passer, entre la bretelle et la manche, une sorte de guimpe en tissu blanc formant des ailettes plus ou moins grandes de chaque côté.

Le costume est composé d’une jupe noire sous un manteau de robe marron qui comporte un corps rigide avec des manches amovibles ; d’une fraise blanche et d’une guimpe qui passe sous les bretelles du corps, formant comme un volant sur les épaules. Une coiffe apparaît sous le voile qui complète ce costume.

Hyacinthe Rigaud a représenté sa mère, vêtue d’un corps semblable à celui de l’ex-voto de Domanova, dans des matières plus nobles, vu son statut social. Certainement un corps en velours et un fichu en soie.


On remarque sur la femme allaitant son enfant, que la guimpe s’ouvre devant et passe largement sous les bretelles du corps.


Aquarelles de Ange-Joseph Antoine Roux, hydrographe et peintre de marine français né à Marseille le 6 mars 1765 et mort dans la même ville le 20 avril 1835.
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Article de l’Indépendant du dimanche 30 mai 2021 sur le passage du Temps du Costume Roussillonnais au Collège le Ribéral, dans le cadre de la Semaine des arts.





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