Association ethnographique

Catégorie : 18e siècle (Page 1 of 2)

Hommage au juriste François de Fossa !

Ce jeudi 9 avril 2026 de 14h30 à 16h30, la faculté de Droit célébrait le tricentenaire  de la naissance de François de Fossa (1726-1789) – jurisconsulte, historien du Droit, Doyen et Recteur de la Faculté de Perpignan.

Cette manifastation était organisée par Monsieur le Doyen Sylvain Chatry et Monsieur Didier Baisset, Vice-Président de la Faculté de Droit, en partenariat avec Les Amis de François de Fossa. Le Temps du Costume Roussillonnais était présent pour une reconstitution vivante et en habits du XVIIIe siècle dans toutes les couches représentatives de la société catalane.

« FOSSA INTIME » célèbre les 250 ans de la naissance du guitarriste roussillonnais.

Samedi 20 septembre 2025 à Perpignan

« FOSSA INTIME »

Déambulation historique autour de la vie d’un guitariste catalan.

Cette année 2025 marque le 250ième anniversaire de la naissance de l’illustre guitariste et compositeur François De Fossa né en 1775 à Perpignan. On l’a surnommé « le Haydn de la guitare ».

A cette occasion, le Service Animation du Patrimoine de la Ville de Perpignan a sollicité Le Temps du Costume Roussillonnais pour créer une déambulation historique sur la vie de ce musicien encore trop méconnu.

Au départ de la Casa Xanxo, le spectacle sera l’occasion de redécouvrir les rues du quartier saint Jean : porte de Bethléem de la cathédrale, la rue des Abreuvoirs, la rue Fontfroide, la place Bodin de Boismortier, puis la rue Révolution Française pour découvrir la maison des Fossa à la rue Fontaine Na Pincarda.

Ce sera une évocation en 10 saynètes de la vie de François de Fossa en s’aidant des biographies existantes, des lettres écrites à sa sœur, et des ouvrages de la romancière Nicole Irle.

Départ de la Casa Xanxo : 16h00

Durée : 2h00

Présentation : Costumes évoquant les périodes de la fin du XVIIIe s et du 1er Empire.

Carcassonne – Conférence de Laurent Fonquernie « Au temps de Jacques Gamelin : mode régionale de la seconde moitié du XVIIIe siècle »

Nous remercions vivement Suzanne Bezombes et l’association des Amis de la Ville et de la Cité de Carcassonne pour l’organisation de cette conférence et pour leur accueil chaleureux.

Laurent Fonquernie a présenté une conférence relative à la mode dans le sud de la France durant la seconde moitié du XVIIIe siècle à travers les oeuvres du peintre Jacques Gamelin. La conférence était accompagnée des membres de l’association le Temps du Costume Roussillonnais en costumes d’époque, ce qui a ravi l’assemblée présente lors de l’événement.

Préparation dans les coulisses
Article dans l’Indépendant

Le corps roussillonnais, un élément méconnu du costume catalan.

L’iconographie locale de la Catalogne nord montre quelques exemples d’un élément qui semble caractériser la mise des femmes de la bourgeoisie. Il s’agit de l’usage d’un corset rigide arrondi devant et derrière entre les bretelles. Des manches s’ajustent de manière à laisser passer, entre la bretelle et la manche, une sorte de guimpe en tissu blanc formant des ailettes plus ou moins grandes de chaque côté.

Détail d’un ex-voto de l’ermitage de Domanova.

Le costume est composé d’une jupe noire sous un manteau de robe marron qui comporte un corps rigide avec des manches amovibles ; d’une fraise blanche et d’une guimpe qui passe sous les bretelles du corps, formant comme un volant sur les épaules. Une coiffe apparaît sous le voile qui complète ce costume.

Portrait de Maria Serre, par Hyacinthe Rigaud.

Hyacinthe Rigaud a représenté sa mère, vêtue d’un corps semblable à celui de l’ex-voto de Domanova, dans des matières plus nobles, vu son statut social. Certainement un corps en velours et un fichu en soie.

Détail de la charité de saint Thomas de Vilanova, église saint Jacques, Perpignan.
La charité de saint Thomas de Vilanova, église saint Jacques, Perpignan.

On remarque sur la femme allaitant son enfant, que la guimpe s’ouvre devant et passe largement sous les bretelles du corps.

Les toiles peintes

De nombreux édits ponctuent la période de la prohibition des toiles peintes, qualifiées aussi d’indiennes, et qui sont le seul monopole de la Compagnie des Indes.

En 1737, on peut d’étonner de la lourdeur de l’amende de 300 livres encourue par Thérèse Sabriane, femme de Jean Mestre, pour avoir été surprise avec un tablier de toile peinte fond blanc à fleurs rouges. La peine sera descendue à 5 livres par le contrôleur général.

Toutefois en haut lieu, les peines très lourdes sont jugées correctes comme celle de la marchande Roillet condamnée a 3000 deniers d’amande pour saisie de marchandise prohibée, amende qui avait été pourtant ramenée à 10 livres.

Suite à dénonciation, des particuliers aisés sont condamnés pour saisie d’indiennes à leur domicile, comme le sieur Bergès de Vinça. Chez lui, les employés des fermes ont trouvé quatre pièces de toiles peintes qu’il a déclaré avoir acheté d’un inconnu pour en faire un lit.

Après 1748, le gouvernement légifère conte les demandes de modération des amendes. En 1749, les toiles autorisées de la Compagnie des Indes sont inventoriées chez les marchands de Perpignan et mises à la nouvelle marque.

La soie, une histoire roussillonnaise

Échantillon de droguet de soie de Perpignan, manufacture royale d’étoffes et bas de soie, vers 1740, AD66.

La matière la plus noble est la soie qui était tissée à Perpignan dès avant le XVIe s. par des tisserands de la confrérie des veloutiers de soie, ainsi qu’au sein d’une manufacture royale pour la fabrication de tissus et de bas, entre 1730 et 1750. Par sa cherté et les lois somptuaires qui en interdisaient l’usage aux classes populaires, la soie était toutefois portée  par le biais du réemploi des vêtements et servait aussi à broder de fils colorés les habits, ou à orner avec galons et rubans les coiffes ou attacher les manches au corset. Les tissus de soie de basse qualité appelés bourrettes de soie étaient fabriqués en partie à Nîmes et vendues en Roussillon. On trouvait aussi des fichus de soie de Catalogne ou de Valencia vendus par les espagnols tenant échoppe sur certaines places de Perpignan.

En 1779, un édit crée la nouvelle communauté des tisserands de soye, laine et fil de Perpignan. AM HH 12.

« A l’égard des soies, le commerce en devient tous les ans plus étendu et augmentera considérablement dans la suite par la grande plantation de muriers que l’on fait tous les ans en Roussillon, ainsi que par l’émulation des particuliers à élever des vers à soie. Cette partie peut monter, lors d’une récolte médiocre à environ 20 quintaux de soie, qui passe quasi totalement dans les manufactures de Lyon et du Languedoc. On doit observer que cet objet est d’une grande importance et pourrait être porté jusqu’à 200 quintaux, si comme on s’attache à la plantation des muriers, à laquelle le pays est très propre, on avait soin de les cultiver et d’en cueillir la feuille autant qu’il faut[1]. »

Au XIXe, les procédés industriels permettent d’obtenir des soieries moins chères, des taffetas qui donnent de l’ampleur et de la tenue aux jupes et aux robes qui ne cessent de croitre en métrage. La sériciculture est restée une activité importante qui se généralise en Roussillon, notamment à Cattlar et à Ille-sur-Têt au XIXe s. Les agriculteurs, riches propriétaires sont informés par le biais de la Société Agricole Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales de ce que peut leur rapporter l’élevage du ver à soie, compte tenu du climat roussillonnais favorable et du nombre important de muriers. Sous la monarchie de Juillet, les propriétaires implantent cette production auprès de leurs métayers dans les « métairies » comme le mas Ducup ou Bresson autour de Perpignan, et à Latour de France où le marquis de Ginestous propriétaire du château de Caladroy fait venir des ouvriers du Gard, formés à la culture du ver à soie.

Victime de plusieurs maladies, notamment la grasserie, les vers à soie faillirent disparaître totalement si l’on n’avait pas eu l’idée de faire venir en remplacement des races milanaises et d’Andrinople, la race « jaune milanaise » qui cumulée avec la venue de Pasteur en 1867 permit la reprise de cette économie. Le Roussillon se spécialisa alors dans la vente des œufs ou graines qui étaient vendus dans de petites boites rondes de carton ventilées par de minuscules trous.

La décadence de cette production est due en partie à la fin du XIX e siècle aux taxes qui rendent les soies roussillonnaises peu concurrentielles face aux soies provenant de l’étranger[2].


[1] Poedavant, Le Roussilon à la fin de l’Ancien régime, SASL, 1987, p.63.

[2] Ponsaillé, J., « un intéressant document sur la venue à Ille d’un président du Conseil », CAVI, 1999, p.9,27.

Les Danses comme reflet de la société perpignanaise.

Le Chevalier de La Grange indique en 1787 :

« Les artisans et les bourgeois s’assemblent souvent entre-eux et dansent au son d’un chalumeau, une danse monotone, qui est toujours la même mais ils ne manquent jamais la mesure. Ces assemblées sont annoncées le matin par le chant mélodieux de l’instrument dont je viens de parler, et donne en même temps le signal de mettre le bas blanc. C’est toujours en l’honneur de quelque saint [1] »

Sa description reste bien imprécise et comme le souligne en son temps le médecin Carrère, elle nous donne toutefois une jolie expression : « mettre le bas blanc » quand il s’agit d’aller danser. Il semble qu’il s’agisse ici du contrepas qui est la première tirade des « danses » qui en Roussillon sont très codifiées.

Ces danses catalanes « font partie des fêtes que la ville de Perpignan donne dans les grandes occasions. On entoure alors la place de l’Hôtel de Ville d’une enceinte de bois, d’environ vingt pieds de haut. On la couvre de décorations destinées à cet objet. On place aux quatre angles extérieurs quatre fontaines à vin, et l’on met grand nombre de musiciens du pays sur un échafaud orné de même que l’enceinte. Vingt-quatre femmes d’artisans habillées très proprement à la catalane, et un nombre pareil d’hommes de leur état, sont chargés par les officiers municipaux d’en faire les honneurs. Ces quarante-huit personnes ouvrent ce bal tous les jours, après quoi ils y reçoivent tantôt les dames, tantôt la bourgeoisie, tantôt les femmes de leur état. Le jour ou le bal est masqué, personne à l’exception des quarante-huit, ne peut y être reçu qu’en habit de masque. C’est alors un très beau coup d’œil. La place décorée, couverte d’une foule prodigieuse portant des costumes aussi variés que multipliés, éclairée d’une grande quantité de flambeaux, les croisées de la place et les balcons de l’Hôtel de Ville remplis de personnes de tous états, un mouvement vif et animé, varié, et continuel dans le milieu, forment un ensemble qui frappe agréablement les yeux du spectateur [2]. »

Cette description montre l’importance des états, ces classes sociales bien distinctes que la Révolution va essayer de balayer.

Dans son Essai sur la statistique du département des Pyrénées-Orientales, Jacques Delon, secrétaire général de la Préfecture indique toutefois que les différences de statuts sociaux se retrouvent toujours dans l’habillement : « les citoyens des premières classes sont vêtus à la française. Il y a peu de luxe dans les habits et dans les ameublements. L’habillement des journaliers, des paysans et de la plus grande partie des artisans est composé d’une veste courte, d’un gilet et d’un pantalon. Un bonnet de laine rouge leur tient lieu de chapeau dans toutes les saisons de l’année. Leurs femmes portent un corset et une jupe, et un capuchon qui leur couvre la tête et les épaules [3]. »


[1]              Chevalier de La Grange, Essai historique et militaire sur la province du Roussillon, 1787.

[2]              La Harpe, (J.-F. de), Abrégé de l’Histoire générale des Voyages continué par Comeiras, Volume 37, 1804, p.344. Cet auteur reprend une description antérieure à la Révolution française.

[3]              Delon (J.), Le Roussillon après la révolution, texte annoté par Etienne Fresnay, SASL des PO, 1993, p.72.

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