Association ethnographique

Mois : février 2021 (Page 14 of 14)

La garde robe de Marguerite de Çagarriga de Regnes en 1778

Née en 1739, Dona Marguerite de Çagarriga de Regnes, fut mariée le 14 novembre 1764, à Perpignan avec Joseph de Regnes, né lui-même à Perpignan le 2 février 1734 et décédé le 20 octobre 1781 à l’âge de 47 ans.

Elle laisse en 1778 quatre enfants mineurs, Jacques, Antoine, Josephe et Augustine. L’inventaire qui suit est divisé en quatre lots d’habits, expertisés avant enchères par les tailleurs de la ville : Jean Chepes surnommé Flamant, les deux Louis Cayrou aîné et cadet surnommés Montauban, et Jean Pellegry tailleur pour femmes. Il est à noter que les portions des deux demoiselles leur furent remises « en nature, leur étant plus utile pour leurs besoins de s’en servir que de les vendre pour en acheter d’autres à grand frais. »

Portrait de femme en coiffe à la chanoinesse, Sud de la France, vers 1775.

« 1er lot : Une robe de persienne et sa jupe, une robe de satin rayé et sa jupe, une robe de taffetas chiné à quadrillé et sa jupe, une jupe de taffetas blanc avec un manteau de lit satin blanc, un mantelet satin gris moucheté, une cape de londrin écarlate, une jupe de cotonnade blanchie, deux mantelets de basin damassé garnis de mousseline, un tablier d’indienne noire, trois paires de poches, six corsets de nuit, quatre paires de bas de fil, quatre paire de bas de coton, trois pièces d’estomac, quatre bonnets piqués, trois mouchoirs blancs, sept en couleur, quatre chemises à engageantes doubles, deux chemises de Rouen à engageantes doubles, deux chemises de Rouen blanc à petites manchettes, un éventail dans un étui de chagrin, neuf coiffes de dentelle usées, trois chanoinesses, cinq jeunesses de dentelles, trois fichus de mousseline garnis de dentelle, cinq fichus brodés et festonnés, une pièce de dentelle avec l’entoilage pour des engageantes, une paire d’engageantes en effilé.

2 ème lot : Une robe à l’anglaise avec sa jupe, une robe en satin bleu à mouches et sa jupe, une robe en taffetas chiné à petits dessins et sa jupe, un mantelet de taffetas noir ouaté, un tablier de taffetas vert, un déshabillé de basin des Flandres rayé et deux jupes piquées, une jupe en cotonnade de ménage, une jupe de basin, un tablier d’indienne, six corsets de nuit, cinq paires de bas de fil, quatre paires de bas de coton, trois pièces d’estomac quatre bonnets piqués, quatre chemises à engageantes doubles, trois mouchoirs blancs et sept de couleur, deux bandeaux, deux chemises de Rouen à engageantes doubles, une paire de ciseaux, six coiffes de dentelles, trois chanoinesses, cinq jeunesses de deuil, trois fichus de mousseline garnis de dentelle, une paire d’engageantes brodées, une pièce de dentelle pour coiffe, six fichus ou palatines de blondes et une à dentelle, cinq paires de souliers, trois paires de mules, un cordon de blonde, un coffre de carton, un éventail en ivoire, une paire de mitaines en soie blanche, un peu d’étoffe pour une paire de souliers, un mantelet en blonde noire, une calèche ( ?) de gaze garnie de blondes, une crevée et nœud de manches couleur ponceau, six chemises de ménage à manchettes doubles.

3 ème lot : Une robe de satin rayée et sa jupe, une robe en croisé capucin et sa jupe, un déshabillé de taffetas chiné, un déshabillé d’indienne grands ramages, un mantelet de mousseline doublé de taffetas rose, un déshabillé de basin à petites rayures et deux jupes de molleton de coton, deux jupes en cotonnade avec falbalas de mousseline, un tablier d’indienne rouge, six corsets de nuit, cinq paires de bas de fil, quatre paires de bas de coton, trois pièces d’estomac, quatre bonnets piqués, neuf mouchoirs blancs, sept mouchoirs de couleur, deux bandeaux, quatre chemises à engageantes doubles, une chemise de Rouen à engageante double, deux chemises à petites manches, quatre chemises de toiles blanchies à manchettes simples, une paire de ciseaux, six coiffes de dentelle, quatre chanoinesses, cinq jeunesses de deuil, trois fichus de mousseline garnie de dentelle, une paire d’engageantes à grande broderie, une paire d’engageantes à dentelle, deux paires de gants de soie, deux paires de gants de coton, trois nœuds de rubans chair.

4 ème lot : Une robe et sa jupe en moire brochée, une robe et sa jupe en gros de Naples noir, une robe et sa jupe en gros de Tours rayé et croisé, un déshabillé de droguet gris, un déshabillé toile de coton, un autre déshabillé de mousseline et leur jupe, un mantelet de drap noir, un mantelet de basin des Flandres à petites raies, deux jupes de cotonnades reblanchies, une jupe de molleton de coton, un mantelet de mousseline brodée, un vieux mantelet de drap noir, huit corsets de nuit, six paires de bas de fil, trois paires de bas de coton, trois pièces d’estomac, quatre bonnets piqués, trois mouchoirs blancs, sept de couleur, deux bandeaux, cinq chemises à engageantes doubles, une chemise de Rouen à engageantes doubles, deux chemises de Rouen à petites manchettes, onze chemises en toile de ménage, six coiffes de nuit grandes, six coiffes de dentelle usées, quatre chanoinesses, neuf tour de gorge, deux paires de manchettes, quatre fichus de mousseline garnis de dentelle, un bonnet double à dentelle, un oreiller avec du vieux linge de mousseline, trois paires de bas de soie, trois coiffes montées, six éventails, quelques fleurs artificielles, six paires de mitaines noires, deux corsets à l’espagnole et autre à la catalane, trois nœuds, deux busquières à rubans. »


Source ; ADPO, 3 E 22 / 254.

La mode en Roussillon au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, la société est globalement divisée en trois catégories dont le style vestimentaire est très différencié.

La paysannerie conserve le costume catalan le plus traditionnel. Il est rudimentaire et adapté au labeur.

La noblesse catalane adopte la mode française afin de montrer son désir de ressembler à la haute noblesse parisienne. Elle y est incitée par les fonctionnaires venus de la capitale ou d’autres régions françaises.

Entre les deux, la bourgeoisie juxtapose des tenues à la fois catalanes et françaises en créant une mode originale d’une grande singularité [1]. Malheureusement nous n’avons que peu d’exemples écrits et de portraits qui puissent nous indiquer les grandes lignes de cette mode ultra locale.

Nous avons un indice, le costume des « donzelles » ou jeunes filles nécessiteuses que des confréries des quatre paroisses de la ville dotaient et habillaient lors de loteries. Celui-ci est qualifié de costume « à l’Aragonaise », ce qui prouve l’existence d’un costume traditionnel riche, avec un caractère se voulant rappel de l’antique période où la Province était sous tutelle des rois d’Aragon. Les édiles locales gardent en mémoire que les privilèges et droits divers de la cité venaient essentiellement de cette époque et qu’il fallait à tout prix en conserver usage et mémoire.

Tenue d’artisane ou menestrale de Perpignan, seconde moitié du XVIIIe s.

À Perpignan, l’adoption d’un style vestimentaire pour chacune des strates sociales correspond à un fonctionnement quasi semblable à celui d’autres villes du Midi, comme Arles en Provence [2].

Le costume roussillonnais témoigne de l’envie de différentiation, telle une opposition politique par les codes vestimentaires. La bourgeoisie catalane se veut alors fidèle à ses racines, à sa langue et aux franchises locales des cités et des bourgs [3]. Quelques inventaires démontrent la richesse et la diversité des tenues, des matériaux et des accessoires de mode dans des familles où, par le jeu de la bourgeoisie honorée, les riches marchands se font octroyer via le Consulat ou bien directement par le roi un semblant d’anoblissement.

  • Modes des bourgeoises honorées de Perpignan

L’épouse du noble Antoine Tabariès de Grandsaignes vivait à Perpignan en plein milieu du XVIIIe siècle. Femme aux revenus aisés, elle possédait une garde robe importante. Le 26 janvier 1763 suite au décès de son mari, sa maison située place de la Loge est inventoriée. Nous connaissons ainsi les goûts de cette perpignanaise en matière de mode, où la soie rivalise avec les indiennes. On perçoit la présence de piqûres de Marseille ainsi que le succès du marly, ancêtre du tulle, inventé en 1675.

« Un grand cabinet en bois de noyer avec sa serrure et clef dans lequel sont enfermés les effets de la dite dame Mars de Grandsaignes, et l’ayant fait ouvrir, nous avons trouvé ce qui suit : une robe de chambre en satin de Hollande fond vert avec doublure, garniture et ajustement, une robe de satin vert avec garniture, doublure et ajustement, une robe en gros de Tours broché et garniture, une robe de moire grise et sa jupe, une robe de perse et sa garniture, une robe en indienne fond jaune, une robe en batavia mordoré jaune, une robe en gros de Tours noir, une robe en peau de soie noir, une robe et jupe de satin rayé, une robe et tablier de persienne fond vert et fleurs blanches, une robe de taffetas blanc, une robe et jupe en taffetas chiné fonds gris, une robe et jupe en indienne fond blanc à guirlandes et bouquets, un mantelet de satin blanc, un couvrepied satin blanc et doublé de taffetas, une coiffure bavolet barbes fonds et manches à trois rangs et collerette de Maline rebrodée, une coiffe bavolet et fonds en dentelle de Valenciennes, une paire de manches à trois rangs d’entoilage avec une petite Valenciennes,  une autre paire de manches à trois rangs d’entoilage avec une Maline rebrodée, une paire de manches à trois rangs de mousseline garnie d’une petite dentelle, une paire de manches à trois rangs de mousseline brodée et garnie d’une dentelle, une respectueuse (coiffe) de marly, quatre respectueuses garnies de marly, six bonnets ronds garnis d’une petite dentelle, huit bonnets ronds garnis de marly, trois coiffes de marly et trois collerettes de marly, un mantelet de marly noir garni d’une blonde, un manchon d’un petit gris, un mantelet de gaze garni d’une blonde, un mantelet noir vieux, trois éventails usés, trente chemises de différentes toiles, vingt cinq mouchoirs de couleur, neuf mouchoirs blancs, deux porte peignes, dix bonnets piqués, sept fichus de tête, six paires de bas de fil usés, huit coiffes de mousseline et quatre petites coiffes, trois fichus de col garnis de mousseline, deux jupons de basin garnis en falbalas, deux jupons de basin sans garniture, cinq jupons de basin ou Rouen, deux jupons blancs piqués, dix corsets, deux mantelets de lit, deux mantelets simples, deux manteaux de lit sans garniture, deux jupons de basin neuf sans garniture, trois paires de manches à trois rangs de mousseline brodée, quatorze paires de manches à deux rangs de mousseline brodée ou rayée, trois petits bonnets de blonde avec leur barbe et deux cordons de blonde, une paire de boucles d’oreilles à entourage avec des petits diamants dans les entredeux, quatre paires de boucles d’oreilles de pierres fausses de diverses couleurs, deux paires de boucles de souliers, une paire de boucles à bracelets et une paire de crochets pour femme le tout en pierres fausses, une petite bague en alliance d’un diamant et d’un rubis en cœur surmonté d’une petite couronne avec des petits diamants à chaque côté du corps [4].»

Costume d’Artisane, vers 1790, reconstitution par le TCR, sortie été 2020.
Lors de la venue de l’Hermione à Port-Vendres, les différentes classes sociales des femmes du Roussillon.

[1]              Le Guennec, A., « Modes régionales en France au XVIIIe siècle : illusion ou réalité ? », Modes en miroir, la France et la Hollande au temps des Lumières », catalogue d’exposition, Paris-Musées, 2005, p.206-209. L’exemple breton est transposable à toutes les régions périphériques du royaume.

[2]              Façon arlésienne, étoffes et costumes au XVIIIe s., catalogue d’exposition, p.17, 1998, ainsi que pour la ville de Marseille, Les Belles de Mai, deux siècles de mode à Marseille, catalogue d’exposition, p.43, 2002.

[3]              Pour juger de l’ouverture aux idées des Lumières et par là même à la mode française, voir : Larguier, G. (sous la dir.), Les Lumières en Roussillon au XVIIIe s, hommes, idées, lieux, ed.Trabucaire, 2008.

[4]              ADPO, 1 E 847

Le goût pour les cotonnades en Roussillon au XVIIIe s.

Toile de coton peinte (XVIIIe s.)

À la fin du XVIIe siècle, le coton apparaît en grande quantité sur le marché européen. Cette nouvelle matière permet de réaliser des toiles de coton peintes appelées aussi indiennes. À sa mort en 1683, le notaire Jean Ranchoup possède une parure de toilette et des mouchoirs en toiles peintes [1].

Leur succès, dû à la facilité d’entretien et à la persistance des couleurs, suscite un grand nombre de mesures protectionnistes dès 1686 [2]. Commence alors une période de 73 ans de prohibition, ce qui n’empêche nullement les Perpignanaises de jouir de toiles achetées en contrebande.

Proche de la frontière, le Roussillon est prédisposé à ce commerce illicite. Des exemples dans les archives relatent cela, comme cet âne brun sans propriétaire intercepté à la porte Saint-Martin, le 12 juillet 1725.

Il était « chargé d’un ballot contenant six pièces d’indiennes entières tirant en tout 99 cannes et 5 pams ». Une autre fois, ce sont deux frères qui sont arrêtés à la porte de Canet. L’un d’eux « portait sous sa chemise une pièce d’indienne fond bleu à fleurs rouges et vertes tirant quatre cannes et un pan ainsi que d’autres coupons ». Natifs de Sant-Miquel en Catalogne, les frères Casadavall étaient marchands à Saint Laurent de Cerdans [3].

Paul Sandby RA, 1731–1809, British, London Cries: A Man with a Bundle, Old Clothes, undated

Au prolongement du Vallespir, la ville d’Olot est alors l’un des principaux centres d’indiennerie de Catalogne [4].

Pour qui se fait prendre, la répression est sévère allant du brûlement public des étoffes saisies, tels les deux tabliers arrachés à des servantes et exposés en place de la Loge en 1723 [5] à de lourdes amendes et des peines de prison au Castillet pour des marchands peu scrupuleux.

Durant cette période de prohibition, la Compagnie des Indes était seule habilitée à importer et vendre des mousselines et toiles de coton. En 1748, le contrôle de l’administration est rigoureux. Les officiers comptabilisent les toiles de coton invendues de chaque boutique patentée de Perpignan.

Bazazin aîné, Sèbe et Lastrapes, Pancou-Lavigne, Tabariès et la veuve Mouran ont en effet encore en stock des coupons d’indiennes à l’ancienne marque qui au mois de mars 1749, sont munis des nouveaux plombs apposés gratuitement [6]. Cela permet à l’administration de savoir combien il en reste.

L’année 1759 [7] marque la fin de cette prohibition. C’est alors l’avènement des productions provençales et montpelliéraines [8]. Des cotonnades chatoyantes envahissent la garde robe des Roussillonnaises, marquant dès lors le glas du trafic illicite des toiles peintes de la Catalogne voisine.

A quelques dizaines de kilomètres de Perpignan, dans la région de Prades, l’établissement d’une manufacture d’indiennes est même envisagé dans les années 1775 dans le vaste bâtiment désaffecté de l’abbaye Saint Michel de Cuixa, motivé par le fait que «n’en ayant aucune (fabrique) de cette espèce dans la Province[9].» Ce projet sera toutefois abandonné.

L’habillement féminin recèle alors un fort caractère méditerranéen avec un goût prononcé pour les cotonnades chatoyantes [10]. Leur commerce transite par la côte catalane alors livrée à une intense circulation maritime allant de Marseille vers les villes de Valencia, Alicante et Cadix.


[1]              ADPO, 3 E 1/6006.

[2]              Arrêt prolongé par Louvois, in « Façon Arlésienne, étoffes et costumes au XVIIIème siècle », catalogue d’exposition, 1998, p.112.

[3]              ADPO, 1 C 1040.

[4]              Historia politica, societat i cultura dels paisos catalans, 1995, T.5, p.275/279

[5]          Expertisés, les tabliers provenaient d’une fabrique genevoise.

[6]              ADPO, 1 C 1040, les plombs sont conservés dans la liasse.

[7]              Arrêt du 5 sept. 1759, voir « Le coton et la mode, 1000 ans d’aventures », Musée Galliéra, Paris, 10 nov.2000/11 mars 2001.

[8]              Chante, (A), « Les manufactures d’indiennes à Montpellier au XVIIIème siècle », colloque de Montpellier, 1997, p.143.

[9]              Colomer, (C.), Le clergé régulier en Roussillon sous l’Ancien Régime, B.S.A.S.L., CIVe vol., p. 278.

[10]            Le travail de recherche commence à mettre en lumière l’importance du trafic maritime méditerranéen ainsi que la contrainte du climat sur le choix des coupes et des matières : Aziza Gril-Mariotte, «La consommation des indiennes à Marseille (fin XVIIIe-début XIXe siècle)», in Rives nord-méditerranéennes, Les textiles en Méditerranée (XVe-XIXe siècle),

Modes du peuple sous Louis XV et Louis XVI.

Ex Voto de Font-Romeu

Les éléments principaux du costume traditionnel féminin sont inventoriés par les notaires soit lors des mariages où ils constituent la dot des fiancées, ou bien lors des décès.

En 1736, Françoise Jonqueres donne à sa fille pour son mariage « une garde-robe en bois de noyer, un corset et une jupe d’étamine du Mans, un jupon de damassade, un capuchon de pou-de-soie, un tablier de taffetas, une jupe de mignonette minime, un autre corset d’étamine du Mans, le tout neuf, une parure en or constituée d’une croix avec son coulant et des pendants d’oreilles [1]». Cette mise populaire est souvent plus importante.

Menestrale de Perpignan, Carrère, 1787.

Dorothée Fons, servante à Perpignan, laisse à sa mort une caisse remplie de ses effets : « Trois chemises d’étoupe et de chanvre, une de lin, une camisole de popeline minime, une camisole avec jupe de sergette, une busquière dite « bandefer » d’étamine noire, une paire de poches de toile grise, une paire de bas de coton, deux mouchoirs l’un en Rouen, l’autre de mousseline, une bouteille pour y mettre de l’eau de la reine de Hongrie avec son fourreau de velours bleu, deux coiffes l’une de Rouen, l’autre de mousseline [2]».

Dans un mémorial, Josep Savi, boutiquier de Perpignan donne à Maria, sa fille, pour son mariage, en 1786 : « Un faldalli d’escarlata nou, unas faldillas, gipo, manegas, caputxo de pue de seda, un devantal de garnitura, 12 camisas de dona de lli de Marsella novas i altre vestit d’estamina, 2 camisas de roan novas, una masseta o anell d’or ab sis pedras violetas, altre anall d’or ab tres pedres de Vich, una creu d’or ab tres perlas penjant i un cor aixibe d’or, 4 fils de perlas finas [3]», c’est-à-dire une jupe rouge neuve, d’autres jupes, un jupon, des manches, un capuchon de pou-de-soie, un tablier à garnitures, douze chemises de femme en lin de Marseille bonnes, et une robe d’étamine, deux chemises de Rouen neuves, une bague ou anneau en or avec six pierres violettes, un autre anneau d’or avec trois améthystes, une croix en or avec trois perles en pendeloques et son cœur lui-aussi en or, quatre colliers de perles fines.

Pour l’habit masculin, nombreux sont les inventaires qui mentionnent les éléments dont il est constitué. Raymond Malet, jardinier habitant au quartier Saint-Jacques de Perpignan possédait en 1753 « huit chemises en chanvre, deux matelotes l’une en drap blanc, l’autre de cotonnade blanche, une chemisette de drap minime, une autre chemisette de cotonnade blanche, trois paires de culottes en drap, un justaucorps et une veste de couleur minime [4] ».

Joseph Bassou, laboureur de Perpignan, rue des Processions, paroisse Saint-Matthieu, possédait en 1787 « cinq chemises dont trois bonnes et les autres fort vieilles, une paire de sabots dits « esclops » neufs, une paire d’escarpins et une paire de vieux souliers avec boucles de composition, une paire de bas de filoselle gris fort vieux et une paire de garrenatxes (guêtres) usées, un justaucorps veste et culotte en drap de Carcassonne minime clair assez bon, 2 gilets de bazin rayé bien garnis de boutons de nacre, une vieille camisole de cotonnade, deux culottes de toile, une de drap minime, un gilet de bazin et une veste blanche le tout vieux, un manteau de drap minime tout déchiré, un chapeau de laine assez bon et un autre hors de service avec de vieux mouchoirs de soie blanche[5] ».

Comme le montrent ces descriptions, la classe populaire porte ses affaires jusqu’à leur dernière usure.


[1]              AD66, 1 E 38.

[2]              AD66, 3 E 22/228.

[3]              AD66, 10 Bp 355, n.129.

[4]              AD66, 3 E 22/226.

[5]              AD66, 3 E 14/73, n. 467.

La griseta i el trabucaire, el primer clip del TCR.

Produït per : Le Temps du Costume Roussillonnais (El Temps del Vestit Rossellonès)

Escenari i realització : Laurent FONQUERNIE

Imatges : Stéphane ESTEVE i Luc Olivier TOURE

Actors principals : La Griseta : Amélie JEGOU Abdó el trabucaire : Nathan BARUS La millor amiga de la Griseta : Hermine du LAC La florista : Ludmilla POLIAKOVA

Els figurants : Véronique FABRE, Michele FLORENCE, Laurent FONQUERNIE i Jacques FORCADE, Ying i Michel GAILLARD, Ferréol GALAN, Marie-Christine GIRAUD, Mathilde RAVET, Marthe TEIXIDO i José VERGES.

Vestits del taller de costura del TCR.

Música : « Plenum », Carilló de la catedral de Perpinyà. « La minyona del Rosselló » / « Corrandes occitanes », Toni GIMÉNEZ ( www.tonigimenez.cat)

Agraïments : -La Vila de Perpinyà, l’Institut du Grenat per la cessió de les joies, la classe d’art dramàtic del Conservatori regional « Montserrat Caballé », el restaurant « le 17 », Miquel-Àngel FLORES ABAT i M. GELIS. Agraïment especial a Toni GIMÉNEZ Endavant les atxes!

Le TCR se met au cinéma (muet) !

L’Indépendant du 19 janvier 2021.

Un clip en costume d’époque pour évoquer Perpignan en 1830

L’association Le Temps du Costume Roussillonnais a décidé, alors que ses activités d’animations des fêtes traditionnelles ont été totalement suspendues, de se tourner vers la création vidéo. C’est donc avec l’aide de Stéphane Estève (connu sous le pseudonyme de Steff Saint.e) et Luc Olivier Touré que les membres du groupe ont revêtu les tenues à la mode de 1830 pour conter une jolie histoire d’amour. Les jeunes acteurs font partie des classes d’Art dramatique du Conservatoire Montserrat Caballé de Perpignan. Le reste de l’association a redonné l’ambiance des rues du Vieux Perpignan avec ses habitants en barretines et capuxtes. Les images forment un clip avec une chanson de l’artiste Sud-catalan Toni Gimenez. Il conte l’amour entre une grisette de Perpignan, jeune fille laborieuse et adepte des dernières modes et un trabucaire venu en ville pour la revoir. Tout un programme….

Rendez-vous est donné dans quelques jours sur la chaine youtube du Temps du Costume Roussillonnais et sur les réseaux sociaux. 

Le Temps du Costume, détail des tenues paysannes à Salses.

Caputxa traditionnelle des montagnes catalanes.
Barretina du berger catalan
Catalane en mocador de cap (mouchoir de tête)
Couple de paysans endimanchés.
Paysanne en caputxa a cresta (capuche à crête)
Pastor amb capa i barretina vermella (berger en barretina rouge).
Bergère en coiffe et fichu de laine.
Pastor en barretina llarga i manta (berger en barretina longue et couverture).
Berger avec sa cape.
Berger en cape.
Bergère allant à l’office.
Paysanne en tenue d’hiver
Paysanne en coiffe de coton.

Le TCR fait sa transhumance à la forteresse de Salses

Quelle belle tradition que l’opération d’éco-pâturage à la forteresse de Salses afin d’entretenir la végétation aux abords du site tout en ayant une démarche de développement durable. Aujourd’hui, Le Temps du Costume Roussillonnais était présent, en costumes, pour accompagner cet évènement séculaire qui œuvre à ne plus utiliser de moyens mécaniques et phytosanitaires polluant les sols. Le nombre d’animaux doit être adapté au milieu, aux périodes, afin d’empêcher le pâturage intensif qui appauvrirait la végétation et dégraderait les sols.

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